Critique de San Andreas

Chaussée déformée !

Non, détrompez-vous, San Andreas n’est pas une adaptation de GTA ! Quoique en voyant The Rock dans une ville en plein chaos, la confusion est possible ! Enfin bon, le sujet du film est typique des films catastrophes: un BIG tremblement de terre et l’ouverture d’une faille, celle de San Andreas.

Comme tout bon mauvais film catastrophe qui se respecte, l’histoire est prévisible à mort (parfois même incohérente) et aucun risque n’est pris. Zigzaguant entre 2012 et The Impossible, San Andreas en fait des tonnes. Que ce soit au niveau des scènes catastrophes ou des relations entre personnages, tout est exagéré et amplifié. Ainsi, le film tient plus de la comédie que du bon vieux film catastrophe bien que tous les codes du genre y soient repris; y compris les stéréotypes dits « classiques » ce qui ne manque pas de nous amuser notamment lorsque l’ami du professeur sauve une fillette de l’effondrement du barrage au dépens de sa vie et que la mère la récupère ni vu ni connu et en a strictement rien à faire de la mort de celui-ci (ça se perd le respect de nos jours!). Cet humour permet d’insuffler au film un certain côté second degré assez plaisant notamment dans les relations entre personnages.

Un air de famille, non ?!

A vrai dire, le film dans son ensemble, est basé sur l’humour (qu’il soit involontaire ou pas). Ainsi, une scène aussi furtive que celle où le mec descend tranquillement les escaliers mais vu que c’est pas sa journée, une partie du mur tombe et lui avec du 50ème étage (« l’important, c’est pas la chute. C’est l’atterrissage. ») fait quand même bien poiler. De même, certaines situations restent assez marrantes. Par exemple, le jeune british se retrouve avec un petit bout de verre dans la jambe alors que des millions de personnes se sont fait écraser comme des crêpes par d’énormes plaques de béton : la douleur est à relativiser ! C’est marrant aussi comment dans ce genre de film on en a rien à faire de la mort de millions de personnes et on se préoccupe seulement de 3 personnes qui se plaignent constamment de leur sort. Heureusement The Rock apprend à toute la populace ignorante les règles de survies en cas d’un gigantesque tremblement de terre: tout d’abord il ne faut pas rester en dessous d’un immeuble qui va s’effondrer (et après on s’étonne du nombre de morts), il faut se « mettre contre une paroi solide » dit-il.

Par la même occasion, on y glisse un petit message pour la parité hommes/femmes. En effet, la fille de Dwayne Johnson doit montrer aux gamins du pays du thé ce qu’il faut faire pour survivre. Le petit frère de Ollie ne manquera pas de le lui rappeler : « Ben, savais-tu que le téléphone à bouton fonctionnait avec la ligne terrestre, […] savais-tu pour le canal radio, je crois vraiment qu’on devrait rester avec elle ». Et voici comment Lara Croft sauva les petits puceaux !

SAN ANDREAS
Lara Croft et les Rosbeefs

D’une voix bien virile comme il le faut, The Rock résume toute l’histoire : « On va chercher notre fille ».  Et quand il s’agit de sa famille qui est en danger, rien ne peut l’arrêter. C’est pas un tremblement de terre de magnitude 9 suivi du tsunami du siècle qui foutront les pétoches à The Rock mais c’est The Rock qui va renvoyer au berceau le tremblement de terre à la mode Chuck Norris ! Il arrache avec facilité les portes de voitures, désarme un péquenaud,  sauve des vies, fonce vers le danger… Il fonce tranquillement avec son petit bateau sur le tsunami sans trop de problème avant d’éviter de justesse un cargo qui lâchera un de ses conteneurs sur Daniel, le petit copain de sa femme : et voilà on élimine la concurrence. Ce personnage du riche narcissique et pétochard en prend pour sa tronche dès le début du film (Pourquoi vous en voulez aux riches ? ils vous ont rien fait !) : tiens prend toi un conteneur dans la margoulette.

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The Rock aura-t-il la chance de croiser Bodhi sur cette vague géante ?

A la fin, comme toujours, c’est les États-Unis les plus forts, le drapeau américain est le seul survivant du Tsunami qui a emporté le Golden Gate, tout est détruit et des centaines de millions de personnes sont mortes dans d’atroces souffrances mais bon le défi ne fait pas peur à The Rock qui répond à la question « Qu’est ce qu’on va faire maintenant ? » par « On va rebâtir !  » et voilà clap de fin, Dwayne le bricoleur reconstruit San Francisco avec sa petite famille, on se croirait dans Naissance d’une nation ou du temps des Pilgrims Fathers.

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Un tremblement de terre ne peut pas détruire les USA !

Pour résumer, San Andreas est un pur divertissement populaire pour rameuter les masses et faire un gros score au box office et engranger un gros pactole !  Le spectateur est embarqué dans un enchaînement de péripéties ce qui ne manque pas de le divertir notamment par l’utilisation d’effets spéciaux et d’humour ainsi que par des personnages attachants. Malgré ses quelques points attrayants, il n’en reste pas moins un film « idiot » et prévisible sans aucune recherche d’originalité puisqu’on reconnaîtra plus d’une fois la ressemblance presque plagiat avec 2012. En même temps, l’originalité n’est jamais le point fort des films catastrophes de nos jours !

Morale du film: A friend in need is a friend indeed (C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses amis) !

Note: 5/10

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Buster dit :

    Je viens ici pour la première fois et j’ai pris un article au hasard… Bon, c’est sur San Andreas que je tombe. Excellente lecture du film, je reviendrai avec plaisir ! Même sentiment de grand n’importe quoi ludique, l’idiotie est au rendez-vous et la fin inénarrable. L’analyse de ce genre de films est indispensable. Merci ! Buster

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    1. blacktide59 dit :

      Merci beaucoup, content que tu ais apprécié cette critique, et il est bien vrai que pour ce genre de films, il est difficile de rester sérieux !

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